17 juil. 2016

Fille de la mer


Bonjour tout le monde !

Aujourd'hui, on se retrouve pour un article un peu différent ( je déteste dire ça, tous mes articles sont différents mais bref ) car il s'agit de ma toute première collaboration avec une autre blogueuse ! Ma copine Maëlys du blog Maëlys's Moods et moi, on a profité d'une chaude après-midi ensoleillée pour aller faire un tour à la plage et vous prendre plein de jolies photos. Tandis qu'elle vous présentera un article orienté mode avec deux tenues autour de sa jolie pare d'espadrilles, (vraiment, allez voir, son article est super ) j'avais envie d'écrire quelque chose d'autre, de plus poétique, plus littéraire.
En effet, je veux lancer une nouvelle catégorie, que j'ai appelée (pour l'instant) "La chronique des sentiments". Je ne peux pas l'appeler "humeurs", même si elle s'en rapproche un peu. Je ne peux pas l'appeler "nouvelles" car ce n'est ni de la fiction, ni une espèce d'autobiographie. En fait, c'est un mélange de toutes ces belles choses que j'adore lire et qui ravissent mes yeux sur les écrans de plusieurs blogs que je parcours en ce moment. 
Comment expliquer tout ça ? J'avais envie de partager avec vous les émotions qui s'emparent de moi à certains moments particuliers de ma vie, de la journée, de l'année. De vous écrire un bel article, rédigé et poétique ( du moins je l'espère ) sur mes émotions lors de moments précis. Comme je l'ai dit, un mélange de pleins de genres de notes différents, puisque j'ai envie que mon texte soit écrit à la troisième personne, avec un regard un peu plus extérieur, comme si vous voyiez vraiment la scène. Excusez-moi, tout est encore un peu confus... Je pense que vous comprendrez en lisant.  Comme vous l'aurez compris au titre et aux photos, l'article d'aujourd'hui porte sur la mer, cette grande étendue d'eau bleue si simple et si magique pourtant.

On y va ?


Silencieuse, comme toujours, elle regarde le paysage défiler à toute vitesse à travers la vitre. Le menton appuyé sur son coude, lui-même posé sur la portière, elle écoute distraitement la musique classique qui se diffuse par les enceintes. C'est étrange, ce ciel d'un grand bleu, infini au-dessus d'eux, si grand que l'on pourrait s'y perdre si on le fixait trop longtemps. Peut-être qu'elle a envie de rejoindre les rares nuages effilés, là haut, dans le silence absolu des cieux, et rester y rêver pour toujours. Elle ne sait pas vraiment. Alors, pour ne prendre aucun risque, ses paupières se ferment et son attention se reporte sur le roulis de la voiture et sur les accords de la contre-basse qui bercent son corps.
Soudain, tout s'arrête. La carcasse en plastique autour d'elle cesse de trembler et le jeux habile du pianiste sur le clavier est stoppé au milieu d'une harmonie. Elle ouvre donc les yeux brusquement et réalise qu'ils sont déjà arrivés. Cela lui a semblé si rapide, pourtant...
Encore anesthésiée, elle glisse les jambes au dehors. Sans se presser, elle se dirige vers le coffre pour prendre les affaires. On lui parle; elle répond par automatisme, sans faire attention, toujours perdue dans la ronde de ses pensées. Autour d'elle, le monde lui semble ralenti. Les cyclistes sur la digue sont lents, freinés par quelque-chose d'invisible. Son corps paraît peser des tonnes et sa peau caressée par l'air chaud lui donnent envie de dormir. Mais elle sait qu'il lui reste un rien à parcourir pour se sentir à nouveau vivante, alors elle avance, aveuglée par le soleil qui lui chauffe les épaules. Encore quelques pas, et elle la verra...
Chargée de deux sacs, un au bout de chaque bras, elle arrive sur le sable. Aussitôt, elle se glisse hors de ses chaussures pour plonger ses orteils dans la douceur blanche des grains qui recouvrent le sol. Les autres sont tous loin derrière elle. Comme d'habitude, comme tous les étés, ils râlent en lui disant de ralentir. Mais elle ne peut pas, c'est plus fort qu'elle. Elle trouve un endroit assez grand pour eux tous, un peu éloigné des autres, parce qu'ils n'aiment pas trop être serrés. Elle, elle s'en fiche. Tant qu'elle est ici, rien d'autre ne compte, et elle oublie tout, tout.
Alors elle fait face. Elle se dresse et inspire à plein poumons. L'air iodé, sauvage, lui gifle les joues et elle sourit. Face à l'écume qui l'appelle, elle se réveille enfin, revitalisée par le bruit des vagues qui semble jouer avec son esprit.

Elle s'est déjà déshabillée et a déjà étalée sa serviette quand les autres arrivent enfin. Impatiente, elle se saisit de la crème solaire qui sent l'été et le bonheur. Une fois recouverte, elle se relève et le soleil qui tape dans son dos semble la pousser vers l'eau. Le bruit devient de plus en plus fort, de plus en plus pressant. Perdant tout le contrôle, toute sa décence, elle se met à courir. Ses plantes de pieds foulent le sol qui devient dur, éclaboussent les alentours. Elle n'entend rien d'autre que le vent dans ses oreilles, la mer, la vie, la liberté.
Les premières vaguelettes lui lèchent doucement les orteils, comme pour la séduire et l'encourager. Mais plus elle s'avance, plus cela devient brutal, agressif; le vent soulève ses boucles, les vagues frappent ses mollets de plus en plus vite, encore, encore, encore ! Elle pousse un petit cri quand elle arrive au ventre, c'est chaud, c'est froid, c'est bon. Son corps tourne à toute vitesse; son sang n'est plus que de l'adrénaline qui alimente ses muscles et grise son esprit. Malgré la morsure de l'eau verte émeraude autour d'elle, elle plonge enfin. Elle se perd, n'est plus rien. Elle rejoint les vagues qui l'attaquent et épouse leur mouvement. La nature l'accepte enfin et devient étonnamment douce, silencieuse, sous la surface. Elle ne voit rien, et en même temps elle a l'impression de voir pour la première fois. Les bulles autour d'elle caressent ses hanches, ses cuisses, presque amoureusement. Le froid lui pince chaque parcelle de sa peau et sa poitrine la brûle, mais rien de tout cela n'est désagréable. Quand elle n'en peut plus, elle émerge pour rejoindre la lumière. Là, ruisselante, au milieu de tout ce qui est important, elle regarde l'horizon.

Puis, elle replonge vers l'infini.




crédit photos : ma chouchou Maëlys du blog Maëlys's Moods




Billets doux :

  1. Lucie, il faut que je te dise quelque chose : tu as un véritable don pour l'écriture. Faire cette collab avec toi a été un réel plaisir, on refait ça QUAND TU VEUX ! xxx

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    1. Merciii, même si c'est pas vraiment vrai #euphémisme ;) Quand à la collab', tu l'as dit toi-même, c'est quand tu veux !

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  2. Tu écris vraiment très bien, c'est très joli :)
    Bisous

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    1. Merci énormément pour ton message, ça me touche beaucoup venant de toi, qui écrit si bien <3
      Bisous.

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  3. Tu écris vraiment très bien, c'est très joli :)
    Bisous

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